01.09.2006
Have you confessed ?
En bon ragondin gay que je suis, je me devais d’assister à l’un des concerts de Madonna donnés au P.O.P.B. dans le cadre de sa dernière tournée – Confessions Tour.
Comme beaucoup de gens de ma génération (ceux nés dans les années 70 – merci beaucoup), certains morceaux, tout comme certaines attitudes de la Ciccone font partie de la B.O. de notre vie et évolution. Chacun de ses passages sur scène est l’occasion d’une grand-messe. J’avais déjà eu l’occasion de la voir sur scène en 1990, 1993 puis 2001 : chacun des concerts était l’occasion d’une profusion visuelle typique de l’Entertainment américain. Le Girlie Show de 1993 était parfaitement mené du début à la fin et rendait un riche hommage au spectacle vivant, de Cabaret à Hollywood en passant par le disco ou encore le Cirque du Soleil (en le revoyant aujourd’hui, j’imagine que j’aurais tendance à trouver tout ça un peu vieilli... ?). Bref, vu le côté festif du dernier album, j’étais plutôt curieux de voir quelle en serait la version scénique.
C’est donc entre autres accompagnés d’Ernie (fan inconditionnel) et Ghislain (grâce à qui j’ai pu avoir le billet) que j’ai assisté à la dernière représentation parisienne de ce concert. Nous étions idéalement placés dans les gradins, ce qui a permis de juger à la fois l’intégralité de la scène tout en étant proche de la chanteuse. De même que nos chers amis B. Delanoë, S. Royal et… N. Sarkozy !
Le dispositif scénique en lui-même permet à la star d’être littéralement avec ou dans le public grâce à un catwalk tout miroitant.
Le concert commence par un prélude vidéo dans lequel on voit les images de chevaux galopant. Des danseurs, mord à cheval, selles et harnais précèdent l’arrivée sur scène de Madonna dans une boule à facette géante qui se déploie. Elle apparaît en cavalière, cravache en main, dans un look alliant Sissi/Romy Schneider version Luchino Visconti et dominatrice gentiment SM. Elle entame Future Lovers mixé au I Feel Love de Donna Summer. Le premier tableau décline ainsi cette imagerie équestre mêlée de cages. Elle chevauche tour à tour un étalon mécanique (Like a Virgin) ou ses danseurs. Comme d’habitude dans ce genre de show, tout est réglé au quart de seconde et les titres s’enchaînent rapidement, laissant juste le temps à la chanteuse de dire quelques mots en français.
Premier interlude. Et début de la partie du concert qui m’a un peu agacée. Madonna depuis quelques années se sent investie d’une mission quelque peu divine – du moins spirituelle – d’éclairer les gens sur les bienfaits et les travers de la société contemporaine. Elle n’est pas la première pop star à la faire : John Lennon ou U2 ont déjà officié dans ce registre. Madonna vit pour raconter (Live to Tell), elle a fait son apprentissage avec le monde et nous fait partager son point de vue. Soit, c’est là une attitude louable. Elle chante sur un crucifix. OK. Gentille provocatiounette. Ce qui me dérange, c’est l’amalgame résultant de ce qui me semble être une confusion entre le fond et la forme. Sur Sorry, des images de dictateurs, de famines, bref des plus grands maux existant sur terre, sont apposées à une musique dance auréolée de superficialité. Les gens dansent littéralement (moi inclus) sur des images pourtant révoltantes. Après-coup, c’est quelque peu déconcertant non ? This is who she is, we can like it or not après tout.
D’autant qu’après cette vague revendicatrice s’enchaîne un tableau glam rock. Malgré la présence surprise de Lenny Kravitz, on abuse un peu trop de la guitare électrique durant cette partie, ce qui dessert un peu certains morceaux que j’affectionne comme I Love New York ou Ray of Light. Mais l’ensemble reste malgré tout ultra séduisant.
Enfin, le dernier tableau finit en beauté le concert. La chanteuse rend non seulement hommage au disco et à la musique des années 80 mais aussi à elle-même ! J’ai en fait l’impression que depuis cinq ans, musicalement, la musique de Madonna est en fait la synthèse de tout celle qu’elle a fait auparavant. J’aime assez ce côté post-moderne (pour reprendre le titre d’un article du Monde) : Madonna se réinterprète elle-même tout en assimilant les évolutions de la société au sein de laquelle elle évolue. La façon dont elle se réapproprie la culture visuelle est à ce sens probant. L’esthétique de certaines des images vidéo rappellent des artistes emblématiques d’une mouvance qui reprenait allègrement les signes de la société de consommation pour les réinterpréter et en faire de nouveaux objets critiques. La scène se transforme et s’hybride entre La main jaune et Dancetaria, entre fête et installation artistique. Les morceaux sont remixés avec pêche (entre autres Erotica), Madonna s’épanouit dans une chorégraphie jubilatoire et démontre qu’elle est encore une habile dancing queen.
Bon, vocalement, c’est pas toujours juste – parfois même en play-black – mais ce n’est finalement pas ce qu’on attend de Madonna qui, à 50 ans, demeure un entertainer hors du commun. J’espère juste que sa phase spiritualito-judéo-on va sauver le monde quelque peu gonflante va bientôt évoluer…
L’idéal serait de la voir encore sur scène à 70 berges comme jadis Marlene Dietrich qui tenait limite debout et incarnait par-la même une forme de savoureuse décadence.
PS : Si quelqu'un a l'adresse du danseur que Madonna chevauche sur la photo, je suis preneur...
PS2 : C'est la première fois que je fais un compte-rendu sur ce blog... Jasper ne pas être trop saoulant..?
17:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


Commentaires
ah ben ça va alors! j'ai rien raté! a part sarko bien sur...
Écrit par : aalleexxx | 02.09.2006
cette vieille pouffe...
A force de lire vos commentaires, je regrette de ne pas y être allé.
Écrit par : Juju | 02.09.2006
Sarko y était aussi?!
J'aime de moins en moins sa façon de se faire des amis...
Écrit par : Didier | 02.09.2006
Je suis sûr qu'il s'est fait tout petit...
Écrit par : aalleexxx | 03.09.2006
Les commentaires sont fermés.